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Année : 2004
Tome : 155
Volume : 4
Pages : 187-196
Titre : L’origine des Oiseaux et la question de l’homologie des doigts de leur main : données contradictoires de la Systématique phylogénétique et de la Biologie du développement
Auteurs : J.P. MAGNOL, C. MOURER-CHAUVIRE et F. BERNEX
Résumé : Depuis la découverte en 1861 d’Archaeopteryx lithographica, la communauté scientifique a largement admis l’origine reptilienne des oiseaux. Au cours de la seconde moitié du XXème siécle, en particulier à la suite de la découverte de Deinonychus, un petit dromaeosauridé (dinosaure carnivore = théropode), Ostrom, sur la base d’une similitude globale (systématique phénétique), rapproche ce genre des oiseaux. Ces liens de parenté supposés sont ultérieurement confirmés par Gauthier à la suite des premières analyses de systématique phylogénétique (cladistique). La thèse d’une filiation théropodes (dromaeosauridés)/oiseaux se situe aujourd’hui dans la plus stricte orthodoxie, surtout depuis les récentes découvertes en Chine (Liaoning) de dinosaures «emplumés». Néanmoins quelques voix non conformistes se sont élevées. Feduccia et son école, en particulier, ont ciblé des questions en suspens ou controversées, comme la numérotation des doigts de la main (II, III, IV pour les oiseaux -comme l’enseigne la biologie du développement / I, II, III pour les théropodes- sur la foi des données paléontologiques-). Les adversaires campèrent sur leurs positions inconciliables jusqu’en 1999, date à laquelle un biologiste du développement (Wagner) et un des pionniers du cladisme (Gauthier), acceptent pour la première fois la numérotation II, III, IV des doigts des oiseaux et proposent une hypothèse de nature à préserver la filiation entre théropodes maniraptoriens et oiseaux. Elle fait appel à une transformation homéotique qui serait survenue au cours de l’évolution des théropodes : les condensations préchondrogéniques CII, CIII, CIV auraient obéi à la loi de Morse (perte possible des doigts I et V) mais les doigts définitifs auraient changé d’identité (CII —> DI, CIII —> DII, CIV —> DIII). Ultérieurement, plusieurs travaux indépendants démontrent que par manipulation génique (Hox, Shh, Gli3...) il est possible -dans les conditions expérimentales- d’obtenir une transformation homéotique «antérieure» des condensations II, III, IV en doigts définitifs DI, II, III. L’hypothèse apparaît élégante et intellectuellement séduisante mais il appartient désormais aux cladistes d’en prouver la matérialité, ce qui s’annonce particulièrement malaisé en l’absence totale de données sur l’ontogenèse des mains fossiles.
Mots clés : dinosaures - oiseaux - main - doigts - transformation homéotique.
Correspondance : J.P. MAGNOL
Adresse : Service d’Histologie, Anatomie-Pathologique, École Nationale Vétérinaire de Lyon, 1 av. Bourgelat, 69280 Marcy l’Etoile, France.
Liens : pdf

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